Episode 3

Les délégations arrivaient de tout le royaume d’Heurablais : du Britonois, du Susud, du Britonois et du Susud… En fait de seulement deux régions du royaume. Il faut dire qu’un ancien roi d’Heurablais avait —  en son temps— décidé d’un éparpillement des Cultureux sur l’ensemble des contrées habités. Il avait même baptisé cela « Déterristrangulation » (personne n’a vraiment jamais compris la signification de ce terme, mais personne n’avait non plus osé le demander au valeureux monarque).

Au début, les Localpoliticus trouvaient ces Cultureux très décoratifs. Et puis, ça leur rappelait leur voyage de noces à Lacapitale, l’époque où leur dame était encore fraiche et toute gonflé de vice goulu titillé par la nouveauté de « la chose » et le chic incomparable et contagieux des lacapitaliennes. Mais comme avec la dame, cela avait rapidement fatigué tout le monde, et les Cultureux avaient fini par s’installer dans des endroits plutôt ensoleillés ou agréables à vivre, ne prêtant pas nécessairement attention au taux d’alphabétisation desdites populations Plouc. Les principales contrées de peuplement Cultureux de la Déterristrangulation furent donc l’extrême ouest du pays — qui bien que bénéficiant d’un climat capricieux était doté de Ploucs à ce point portés sur la vinasse que ça les rendait réceptifs à quasiment tout ce qui était, de près ou de loin, distrayant — ; et le sud du royaume au climat très clément et composé de Plouc particulièrement bourrus mais dont l’accent ridicule plaisait bien aux Cultureux.

Les délégations arrivèrent ainsi des deux coins du royaume pour converger vers le Colisée du Pointpoint. Ici, les attendait le maitre des lieux, un non-chef-Cultureux dans le genre du chef-qui-n’est-pas-le-chef qu’avait fait disparaitre le Localpoliticus de la contrée. D’une stature peu spectaculaire, le non-chef arborait un costume accoutrement de couleur sombre dont la chemise s’ouvrait sur un foulard colorée, probablement frappé aux armoiries de sa bastide. Il accueillait chacun des délégués avec une jovialité empreinte de gravité. Contrairement aux Plouc qui préconisaient l’usage virile d’une poignée de main ferme, les Cultureux avaient pour coutume de se frotter les joues et cela malgré l’hygiène parfois approximative de certains de leurs membres. Telles de petites fourmis de frottant leurs antennes pour échanger des informations, les Cultureux se « claquaient la bise », les plus intimes s’attrapaient même l’épaule avec un sourire complice et guerrier. Ils en avaient tous une conscience suraigüe : la « rencontre du Pointpoint » était un moment historique…

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2 réflexions sur “Episode 3

  1. Cétoutaféçà ! Coupé entre le Limousin et Paris, j’opine du chef ! Dés les années 60/70, les contrées ont vu l’art/artisanat livré aux touristes, à la boutique souvenir.
    Pour le reste, seule Catherine Millet a vraiment fait une percée avec son boukindecu. Maintenant, il y a des origines du monde partout partout.Et il y a aussi une autre culture à laquelle on ne s’attendait pas trop. Le progrés est décidément chose trés inégale.Le croissant sera-t-il pop un jour?
    John Lennon doit le savoir là-haut !

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